Première année d’études : faut-il vraiment une mutuelle ?
En septembre, les stands de mutuelles envahissent les campus et les boîtes mail. Le message est toujours le même : il faut souscrire, et vite. Prenons le temps de vérifier ce qui est vrai.
Ce qui a changé en 2019, et ce qui n’a pas changé
Le régime de sécurité sociale étudiant a été supprimé. Vous restez donc affilié au régime général avec le même numéro de sécurité sociale qu’avant, et aucune démarche d’inscription n’est nécessaire. C’est la seule chose qu’a changée cette réforme.
Ce qu’elle n’a pas changé : la complémentaire santé reste facultative. Aucun texte n’oblige un étudiant à en souscrire une. Si quelqu’un vous dit le contraire sur un stand de rentrée, il vend quelque chose.
Ce que couvre la Sécurité sociale seule : environ 70 % du tarif de base d’une consultation chez un généraliste. Restent à votre charge le ticket modérateur, les dépassements d’honoraires, et l’essentiel des lunettes et des soins dentaires. Une consultation à 30 € vous coûte environ 9 €. Une paire de lunettes, presque tout.
Les trois pistes gratuites, dans l’ordre
Avant de payer quoi que ce soit, épuisez ces trois vérifications. Chacune prend quelques minutes et peut vous faire économiser plusieurs centaines d’euros sur l’année.
1. Le contrat de vos parents
Beaucoup de contrats couvrent les enfants étudiants jusqu’à 25 ou 28 ans, parfois sans supplément de cotisation. C’est la première question à poser. Voir les conditions exactes.
2. La Complémentaire santé solidaire
Entièrement gratuite sous 9 719 € de ressources annuelles, et les bourses du CROUS ne comptent pas dans ce calcul. Beaucoup d’étudiants boursiers y ont droit sans le savoir. Vérifier son éligibilité.
3. Votre employeur, si vous travaillez
En alternance ou en contrat dans le privé, la mutuelle de l’entreprise est obligatoire et financée pour moitié au moins par l’employeur. Le cas de l’alternance.
Si aucune ne marche : comment choisir
Partez de ce que vous consommez réellement, pas du prix affiché. Trois profils couvrent la plupart des situations :
- Vous n’allez presque jamais chez le médecin, pas de lunettes. Une formule hospitalisation seule suffit — on en trouve à moins de 5 € par mois. Elle vous protège du risque grave, ce qui est l’essentiel.
- Consultations régulières, mais pas d’équipement. Il vous faut les soins courants : comptez autour de 12 à 16 € par mois.
- Vous portez des lunettes ou avez des soins dentaires prévus. Il faut monter vers 30 € par mois. En dessous, ces postes ne sont tout simplement pas couverts.
Le réflexe qui coûte cher : comparer deux mutuelles sur leur seul « à partir de ». Une formule à 4,90 € et une à 16 € ne couvrent pas les mêmes choses — la première ne rembourse ni consultation, ni lunettes, ni dentiste. Regardez toujours ce que contient la formule dont le prix est affiché.
Rien ne presse
Il n’existe aucune date limite pour souscrire une complémentaire, contrairement à ce que suggère l’intensité des campagnes de rentrée. Vous pouvez prendre trois semaines pour vérifier vos droits et comparer sereinement. Et si vous vous trompez, la résiliation devient libre au bout d’un an — sans frais ni justification.
Questions fréquentes
Dois-je m’inscrire à la Sécurité sociale en entrant dans le supérieur ?
Non, plus depuis 2019. Le régime de sécurité sociale étudiant a été supprimé : vous restez affilié au régime général, avec le même numéro de sécurité sociale. Aucune démarche n’est à faire, sauf si vous venez de l’étranger.
Combien rembourse la Sécurité sociale sans mutuelle ?
Environ 70 % du tarif de base d’une consultation chez un généraliste. Le reste — ticket modérateur, dépassements d’honoraires, lunettes, soins dentaires — reste à votre charge. C’est ce que couvre une complémentaire.
Quand faut-il souscrire ?
Il n’y a pas de date limite, contrairement à ce que suggèrent les campagnes de rentrée. Prenez le temps de vérifier vos droits gratuits d’abord : une souscription précipitée en septembre se paie toute l’année.